Chronique du bonheur #3

(les 2 premières chroniques ne sont pas parues dans ce blog. Elles sont disponibles en édition limitée seulement…)

Vous savez tous à quel point je suis une personne influençable: je vois une pub, j’achète le produit; quelqu’un baîlle, je fais pareil; j’écoute un certain style de musique, je me mets à m’habiller comme les chanteurs disent qu’il faut s’habiller…

Et bien, dimanche soir dernier, Maxime m’a annoncé qu’il était allé déjeuner au Vincent Sous-Marin au coin de Ste-Catherine et Bourbonnière. « C’est pas pire pis c’est pas cher », qu’il m’a dit.

Le lendemain matin, j’ai voulu me faire des toasts, mais tel un Passe-Montagne du 21ème siècle, j’avais pu de pain. J’ai pensé voler du pain-ghetto à François, mais Michel Pagliaro est sorti de la salle de bain et m’a rappelé que voler c’est pas beau. Ne faisant ni une ni deux, mon légendaire esprit logique a allumé en gros néon dedans ma tête: « Tu pourrais aller déjeuner au Vincent Sous-Marin au coin de Ste-Catherine et Bourbonnière. Il paraît que c’est pas pire pis que c’est pas cher. »

Penaud, je suis entré dans le VSM sans savoir ce qui m’attendait. La grosse serveuse désagréable m’a demandé ce que je voulais. Les images graisseuses et coloro-saturées de démo-déjeuners se sont view-masterisées sous mes yeux et j’ai opté pour le spécial #2. J’ai donné les quelques pièces d’or qu’on me réclamait et j’ai pris le Journal de Montréal qui traînait sur le comptoir.

BOUM !
FRACTURE NETTE DES DEUX YEUX !

À la une du Journal: « Un prénom BIZARRE pour la vie. » Et en sous-titre: « Inti-Jésus, Fauve, Miracle, Chenille… » Enfin un sujet sérieux dans le JdM me suis-je dit. Et je me suis précipité à ma place pour lire ce que je considère maintenant comme le zénith de la pertinence journalistique: l’article sur les prénoms excentriques.

En haut à gauche, un tableau. (J’aime beaucoup les tableaux. Ça se lit vite et bien. Et c’est visuel. Je suis un visuel. Donc j’aime les tableaux. Vous me suivez ?). Dedans le tableau, la liste des noms les plus insolites que des parents ont donné à leur enfant en 2005.

C’est là que je me suis mis à hurler de rire et que des larmes ont commencé à couler sur mes joues…

C’était l’automne. Il était 7h30, un lundi matin. J’étais au Vincent Sous-Marin. Il pleuvait. Et moi, je pensais à Xénophon Guindon, Lightning Goulet, Prince-Espoir Plouffe, Caresse Lachapelle ou Inti-Jésus Gagné.
Et je pleurais…
De joie.

Et j’ai été ému par la triste histoire d’un ti-gars qui s’appelle Tanis et qui se sent rejeté parce qu’à l’école les autres enfants l’appellent Tanis le Pénis…

En souvenir de ce moment de vésanie, j’ai gardé le Journal de Montréal du lundi 23 octobre 2006 et je prévois retourner au Vincent Sous-Marin.

Word.

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